dimanche 3 mai 2015

Un chauffage au poêle

Comme moyen de chauffage, nous avons prévu un unique poêle de masse. Pour rester dans l'esprit du projet nous l'avons auto-construit :-) Pour cela nous avons acheté un "kit intérieur Alsamasse" de chez Vincent Pirard. Nous avons pris en plus les options grande porte et rangée chauffe-plat. Le site décrit le principe de fonctionnement du poêle (modèle "flamme inversée" dans notre cas). Tout le nécessaire pour la construction du poêle est fourni avec des plans et un DVD. Il ne reste plus qu'à acheter l'habillage à part et le monter. Nous avons choisi de l'habiller en brique de terre crue (5cm*10cm*20cm).



Le poêle fini pèse dans les 1200kg, nous avons donc fait une petite rehausse (en béton de chaux hydraulique NHL3,5) pour consolider la dalle et aussi mettre le bas du poêle un peu plus haut que le sol fini.






On peut voir le tuyau d'arrivée d'air diamètre 160mm qui prend l'air dehors. A priori un tuyau diamètre 125mm aurait suffi.
Une fois la rehausse sèche (on a attendu 3 semaines) on peut commencer à bâtir. Les briques de terre crue sont maçonnées avec un mortier terre-sable tout prêt qu'on a acheté chez Barthe (avec les briques). Pour les découpes, on a utilisé d'abord un scie manuelle puis, plus moderne et beaucoup plus rapide, une meuleuse avec un disque diamant (dehors avec masque et lunettes, ça fait beaucoup de poussière).
On fait des joints de 1cm environ, horizontaux et verticaux. Pour chaque rangée du poêle, on monte les briques sur 2-3 rangs puis on met les éléments intérieurs.
Les photos qui suivent montrent les étapes de montage. On met une réserve sur la qualité notre montage tant qu'on aura pas testé le poêle. On a pas encore mis la cheminée...

Les éléments intérieurs du poêle sont maçonnés avec un mélange argile-chamotte (argile cuite réfractaire). Tout peut être fait à main nue sans protection.



Le clapet d'arrivée d'air permettra de régler le débit d'air entrant.




Le morceau de brique qui ressort indique l'emplacement d'un tampon de ramonage. Il "suffira" de desceller cette brique pour avoir accès à l'étage correspondant dans le poêle.



 Le foyer a une petite pente à l'entrée pour faciliter le ramassage des cendres.

 
Le clapet de raccourci permet d'activer (s'il est fermé) la combustion secondaire qui se fait dans la redescente des fumées le long du foyer. Si le clapet est ouvert les fumées sont évacuées directement sans post-combustion.

 
La rangée chauffe plat (pour réchauffer le gratin) et sur la rangée au dessus, le clapet de fermeture, que l'on ferme après le flambée pour conserver la chaleur.


Le conduit de sortie est maçonné à la chamotte puis le tout est recouvert de brique pour fermer le poêle.


A la fin d'une journée de maçonnerie, on a fini par couvrir le travail avec un plastique pour éviter que le mortier ne tire trop vite et ne fissure trop. Le mélange argile-chamotte fissure facilement.




Il y en a un qui d'instinct a compris où sera le meilleur coin. Nous sommes impatients qu'il fasse de nouveau froid pour tester la bête :-).

En premier retour d'expérience, le montage des briques de terre crue n'est pas simple, les briques sont rarement parfaites du coup le réglage des niveaux est difficile, et les découpes prennent du temps. Il faut encore qu'on passe un bon coup d'éponge (on verra si ça suffit...) pour nettoyer les joints et les briques. Le montage du kit intérieur du poêle en suivant les plans, et en prenant le temps de réfléchir à certains points qui ne sont pas toujours clairs, est finalement assez simple. 

Mise en route du poêle

Avant d'utiliser le poêle, nous avons profité de la présence que notre super enduiseuse pour faire passer une couche d'enduit terre sur le poêle. Nous avions peur que la maçonnerie en terre crue ne soit pas étanche et qu'il y ai des fuites de fumées. Pour faire l'enduit, nous avons utilisé les reste de briques qu'on a mis à fondre dans l'eau et du sable jaune très fin, en deux couches. Le résultat est pas mal :-)




Nous avons raccordé le poêle à la cheminée. N'ayant pas de comble à cet endroit, nous avons le dévoiement apparent. Nous le peindrons sans doute en noir même si l’esthétique n'est pas si choquante.


Nous avons effectué le rodage et utilisons maintenant le poêle à pleine puissance. Nous n'avons eu aucune fuite, par contre des fissures sont apparues en façade autour des portes, comme nous l'imaginions. L'erreur que nous avons faite ici est de ne pas avoir mis de trame dans l'enduit. Nous avons mis un peu d'argile dans les fissures pour colmater.


Le poêle fonctionne parfaitement mais nous allons tout de même reprendre l'enduit au printemps, le poêle ayant eu tout l'hiver pour travailler, avec une couche tramée cette fois ci, en y ajoutant de la chaux pour faire une croute un peu plus solide. Voir l'article de la rénovation du poêle.

Nous chargeons le foyer au maximum (principalement des chutes du chantier pour l'instant) et faisons des flambées uniques. La bonne technique de charge pour optimiser à la fois la quantité de bois et l'aération est toujours en perfectionnement :-)




Nous avons testé le vrac, le rangé, un mix des deux semble aujourd'hui pas trop mal, mais ça évoluera sans doute. Nous n'avons pas pesé le bois d'une flambée, mais ça n'est pas énorme.

Concernant les performances du poêle, nous sommes plutôt content. Le poêle est notre unique moyen de chauffage pour 110m². Couplé à un puits hydraulique, une VMC double flux et les apports solaires. Quand il fait beau, peu importe la t° extérieure, la maison chauffe l'après-midi et nous n'utilisons quasiment pas le poêle. Donc pour maintenir la maison, par temps couvert, à environ 20°, quand il fait normalement froid (entre 0° et 8°), nous faisons une flambée par jour, le soir. Quand il fait très froid (moins de 0°, oui nous sommes à Toulouse :-)), nous nous sommes vu faire 2 flambées, une le matin et une le soir. 

mercredi 8 avril 2015

La couverture. Hors d'eau hors d'air, enfin !

Cela fait deux mois que l'on a les palettes de tuiles au pied de la maison et cela fait deux mois qu'on a de la pluie tous les week-ends. Mais on a enfin réussi à trouver quelques journées pour finir la couverture.


Nous en étions restés aux contre-lattes, maison couverte avec une bâche d'ensilage (voir cet article). Nous avons commencé par enlever la bâche. Ensuite, il a fallu réinstaller le monte charge sans écraser la gouttière. Pour cela on a vissé une extension aux chevrons avec une traverse pour s'appuyer dessus. Merci à Seb, notre fidèle assistant, d’être venu donner un coup de main ce week-end là !

L'étape suivante consiste à poser les liteaux. Pour ceux qui veulent avoir un peu de théorie sur le sujet, cet article est pas mal du tout. Nous avons utilisé les tuiles DC12 de chez Terreal. Le pureau est fixe à 37cm. Du coup pas de calcul à faire. On part du bas et on coupe la dernière tuile en haut si nécessaire. En passant, si c’était à refaire on choisirait une tuile avec un pureau longitudinal avec du jeu pour pouvoir tomber juste au faîtage.
Pour placer la première rangée (tuiles d'égout), il faut s'assurer que les tuiles dépassent au dessus de la gouttière d'au moins 6cm et n'en dépassent pas le milieu. Il faut mettre le premier liteau sur la tranche, à environ 1cm du bord, pour surélever une peu ces tuiles et éviter qu'elles "plongent" par rapport aux autres. Le deuxième liteau est placé en fonction de l'avancée de la tuile dans la gouttière. Nous l'avons posé au cordeau.
On a ensuite mis des vis tous les 37cm sur les bords du toit pour fixer les liteaux en suivant le cordeau jusqu'au faîtage. Les liteaux sont cloués à chaque contre-latte avec des clous torsadés de 75mm.




 

Petite astuce de notre cher charpentier : le cordeau est tendu avec un poids, ça évite qu'il ne se détende, et il y a juste à le déplacer d'une vis à l'autre.

Petite remarque: les liteaux sont posés en débordant d'un coté du toit et tous coupés à la fin.


Une fois les liteaux mis en place, les festivités commencent ! Il faut monter les tuiles sur le toit. Environ 12T de tuiles à monter à la main, ça promet. Heureusement nous avons eu un peu d'aide. Merci à Guillaume, Claire, Franck et Sandra d’être venus nous aider ! Et sincères condoléances pour le dos de Franck :-)





On a fait des tas de 4 tuiles parce que c'était facile à transporter. Mais il aurait mieux fallu faire des tas de 6 tuiles afin de libérer des couloirs. C’était très pénible d'avoir tout le temps des tuiles dans les pattes et de les déplacer en permanence.

A partir de là, il faut poser les tuiles. On commence par les tuiles de rive gauche et on se déplace vers la droite rang par rang en partant du bas.
Toutes les tuiles de bordure sont visées (tuiles d'égout, tuiles de rive et tuiles sous faîtage). Les tuiles de rive et d'égout ont été fixées avec des vis 5*80mm. On ajoute un point de colle sur la vis suffisamment gros pour prendre sous la tuile suivante.


 Il faudrait faire une marque au cordeau traceur toutes les 4 tuiles environ pour éviter de faire des "vagues" et poser les rangées bien droites. Comme on y a pas pensé, on a rattrapé le coup en tirant un cordeau toutes les 2 contre-lattes environ. Au final ça marche, c'est juste plus galère.


On avance tranquillement et quand il reste entre 10 et 15 rangées de tuiles, on place les dernières tuiles d'égouts jusqu'au bord, en jouant sur le pureau latéral afin de tomber juste.  Au bout on finit avec une tuile de rive droite sans rabat (vissées aussi).



Petite remarque : Il faut placer des chatières (tuiles d'aération) régulièrement. Le fabriquant préconise pour cette tuile une chatière tous les 13m² environ. Ce qui nous en fait 9 sur chaque rampant. Voici à quoi ça ressemble et comment on les a placées (tuiles rouges).



Après 2 jours de joyeux cassage de dos, on en est rendu au faîtage. On commence par placer une rehausse de faîtage en bois. Celle ci est débitée sur mesure pour que les tuiles faîtières reposent dessus sans toucher le plomb du closoir en dessous (ça peut le couper), en laissant un jour entre 5 et 8mm. Vous comprendrez peut être avec les photos :-) La nôtre fait 4*15cm. On a pris la mesure en posant une section de closoir et une tuile faîtière. On fixe cette rehausse avec des équerres métalliques ou des crochets faits pour ça, toutes les 2 contre-lattes.



On peut constater que le jour est important entre les dernières tuiles et la rehausse, il va falloir couper des tuiles :-( Pour ça on a utilisé une simple meuleuse diamètre 125mm avec un disque diamant. C'est pas très compliqué mais outrageusement chi...



Une fois les 216 tuiles coupées, on fixe un liteau sur la tranche pour les recevoir, on les perce et on les visse dessus.



Le faîtage prend forme. Nous faisons un faîtage à sec (sans mortier), donc nous utilisons un closoir métallique rigide en plomb. On visse les closoirs dans la rehausse, on maroufle (action de faire prendre au plomb la forme des tuiles) et on colle le plomb aux tuiles avec de la colle spéciale tuile (genre Fixotuile).









Une fois le closoir collé, il n'y a plus qu'à fixer les tuiles faîtières dessus. Elle sont solidaires entre elles grâce à des crochets. Là on a remarqué qu'on a pas été bon sur la mesure, les tuiles sont un bon centimètre plus haut qu'elles ne devraient. Ça n'a pas d'incidence sur l'étanchéité mais ça augmente la prise au vent. Toutes les faîtières sont vissées dans la rehausse donc ça devrait aller mais bon...






Petite remarque: Les tuiles faîtières sont posées dans le sens des vents des dominants. L'idée est que le vent plaque les tuiles, pas qu'il ne les soulève. Dans notre cas le vent dominant vient de l'Ouest. On pose donc la première faîtière sur le pignon Est pour qu'elles se recouvrent jusqu'au au pignon Ouest. Dans le doute, regardez aussi les faîtages des voisins :-)

On finit avec le fronton, vissé avec une bonne grosse vis de 8*120mm pour assurer le coup. La tête de vis est recouverte de colle proprement lissée. Là on a remarqué que l’écart de hauteur se répercute sur le fronton et que ce dernier ne s'aligne pas bien avec les tuiles de rives. C'est un détail esthétique mais je ne vois plus que ça... les bricoleurs savent ce que c'est.




Et voila, ça commence à ressembler à une maison ! Il reste tout de même encore à poser les lanternes (tuiles avec chapeau pour les extractions d'air) et la cheminée, on en profitera pour rectifier nos frontons ! Et le petit bouquet rituel au faitage avec des fleurs et du blé devrait garantir la prospérité de notre maisonnée :-)