vendredi 12 février 2016

Puits canadien hydraulique

Notre unique moyen de chauffage est le poêle à bois. Le reste est assuré par la VMC double flux, les apports solaires et le puits canadien hydraulique.
L'idée est de tempérer l'air entrant dans la VMC et donc dans la maison. Le principe d'un puits canadien (aussi appelé puits provençal ou puits climatique) est de réguler la température de l'air avec la température du sol. A une profondeur de 2m, la température reste quasiment stable toute l'année, entre 10° et 15°. L'air circulant sous terre est tempéré et permet de préchauffer l'air l'hiver et de le refroidir l'été.


Image du site climamaison.com

Dans notre cas, nous avons choisi d'installer un puits hydraulique. Ce n'est pas de l'air qui circule sous terre mais de l'eau. C'est une boucle d'eau glycolée de 100m enterrée à 2m de profondeur qui échange ses calories avec un échangeur eau/air.


Image du site econologie-maison.fr

Cette installation nous a convaincu pour les raisons suivantes:
  • Mise en œuvre simple du réseau enterré (pas de gestion de pente et faible coût)
  • Pas d'entretien (nettoyage, gestion des condensats et risque de pollution par le sol)
L'inconvénient souligné par les puristes est le besoin d’électricité pour alimenter la pompe. Elle consomme chez nous 20W ce qui équivaut à une ampoule. Et le glycol reste un liquide polluant même s'il circule ici en circuit fermé.

Nous avons choisi le kit Helios SEWT acheté en ligne sur le site Airsoft. Il s'agit du même site qui nous a fourni la VMC double flux et le chauffe-eau thermodynamique. Nous avons apprécié le temps que le vendeur nous a consacré, il nous a aidé pour les plans de la VMC, l'implantation des appareils et tous les réseaux et consommables nécessaires pour tout ça. Et surtout ils ne vendent que du matériel de qualité et à haut-rendement. Nous sommes bluffés par les performances du couple puits/VMC, mais j'y reviendrai plus tard.

Installation du réseau enterré

Il s'agit simplement d'un tube de 100m de PEHD diamètre 32mm, enterré à environ 2m de profondeur sur une tranchée de 50m. Nous avons profité de la tranchée d'arrivée d'eau que nous avons fait creuser un peu plus profond.




La tranchée fait 50cm de largeur minimum, il faut écarter les tuyaux le plus possible pour qu'il n'y ait pas d'échanges entre eux. On recouvre tout ça d'un lit de sable pour protéger un peu les tuyaux et assurer un bon contact partout du tuyaux avec le sol (pas de gros cailloux qui ferait des poches d'air limitant les échanges thermiques).

Installation du système

L'image ci-dessous est fournie par le fabriquant.


On commence par mettre en place l'échangeur entre l'arrivée d'air et la VMC.


On installe le socle de la pompe et des raccords en cuivre à visser sur l'échangeur. On ajoute aussi la purge d'air sur l'arrivée. Pour info, tous les raccords à visser de l'installation sont étanchéifiés avec de la résine d'étanchéité dont je fais l'éloge sur l'article de plomberie. Pas de fuites possibles avec ça.



Les raccords entre le module pompe et l'échangeur sont faits avec des flexibles métalliques souples isolés à posteriori. Idem pour le vase d'expansion.


La connexion de l'arrivée est faite avec du PEHD diamètre 25mm isolé. Tous les raccords sont en laiton à visser. Avant de raccorder le PEHD 32mm au reste, il est conseillé de faire circuler de l'eau dans le circuit pour le nettoyer et ne pas dégrader la pompe et l'échangeur. Du sable ou de la terre peuvent rentrer dedans pendant le terrassement.


On finit par mettre en place l'évacuation pour les condensats de l'échangeur et le groupe de sécurité.


Mise en eau 

Avant de mettre le glycol, j'ai préféré faire le test d'étanchéité du système à l'eau. Pour cela il faut raccorder un tuyaux d'arrosage à gauche du groupe pompe, faire rentrer l'eau et ressortir l'air de l'autre coté. J'ai utilisé le groupe de sécurité pour cela. Les dernières traces d'air dans le circuit sont extraites en utilisant le purgeur d'air tout en haut. La pression conseillée de fonctionnement est de 1,5 bars.


J'ai eu des fuites à reprendre au niveau de raccords pas assez serrés, sinon la résine est toujours aussi efficace :-). Quand on est sûr que l'ensemble est étanche, on peut mettre en place le glycol. Pour cela nous avons utilisé une pompe de jardin, plongée dans le bidon et connectée à l'entrée du groupe pompe. Il faut fermer la vanne au dessus de la pompe (voir photo ci-dessous) pour obliger l'eau à prendre le circuit enterré et faire circuler le glycol en faisant ressortir l'eau à l'autre bout par le groupe de sécurité. Remettre à la fin la pression du circuit à 1,5 bars.




Mise en marche

La mise en marche forcée est très simple. Pour tester le fonctionnement de la pompe il suffit de mettre le courant aux bornes de la pompe. En revanche, l'installation électrique prévue par le fabriquant est une autre paire de manche.

Le schéma électrique proposé par le fabriquant est particulier. L'interrupteur y sert de commutateur entre marche par thermostat et marche forcée. Du coup pour prévoir d’arrêter le système, il faut soit une prise, soit un autre interrupteur en amont. Dans notre cas nous avons choisi d'utiliser l'interrupteur en marche thermostat / arrêt. Voici une proposition de schéma alternatif.



Si ça ne convient pas (pour l'été notamment où la marche forcée peut être utile) nous remettrons la configuration initiale. En passant, pour cela, il faut penser à mettre 4 fils dans la gaine qui va de l'interrupteur au boitier car il y a deux phases.


J'ai mis du temps à trouver comment connecter le neutre sur l'interrupteur, qui se met au niveau du voyant de contrôle.


Le thermostat est installé dehors en dessous de l'arrivée d'air. Il faut prévoir un passage pour le câble dans le mur. Son réglage doit être fait à la main. On l'a réglé pour qu'il déclenche en dessous de 8° et au dessus de 25°. Mais il n'est pas très précis et il faudra ajuster ça en temps réel.


Performances du système

Nous ne testons le système que depuis un mois, nous n'avons pas de beaux tableaux de statistiques à fournir :-) Par contre nous avons pu constater l'efficacité du système. Pour cela nous avons installé des thermomètres avec sonde (type aquarium) dans les arrivées et sorties.


A 0° dehors, le puits réchauffe l'air à environ 10°. S'il fait plus doux, le puits chauffe au max à 11-12°. Ensuite la VMC prend le relais et réchauffe cet air entrant avec l'air extrait dans la maison. Elle affiche des belles performances, pour 21° dedans, l'air est ré-insufflé à 19,5°. Le poêle seul suffit à garder la maison chaude. Bref le système fonctionne pour l'hiver :-) Nous verrons cet été le comportement en refroidissement.

mercredi 10 février 2016

Parquet massif sur lambourdes

Dans les chambres nous avons prévu de mettre du parquet pour le confort de nos petits pieds douillets. Aucune chape n'a été faite et nous posons le parquet directement sur la dalle. Pour cela nous faisons une pose sur lambourdes 33*58mm en pin autoclave. Le parquet vient de la scierie Pinel pas très loin de chez nous. C'est du parquet massif en châtaigner 23*70mm.

Les lambourdes sont placées avec un entraxe de 40cm sur des plots de mortier de chaux. La recette est la même que celle de la chape pour les carreaux de terre cuite. On met un plot tous les 30 à 50cm. Les lambourdes sont ensuite nivelées au niveau laser. L'idée est d'avoir le parquet au même niveau que le sol en terre cuite du couloir.





Une fois que tout cela a séché, nous avons ajouté des vis à frapper par endroit quand la lambourde a un peu de jeu. Sinon l'ensemble est juste posé.

La première rangée de parquet doit être posée bien droite pour conditionner la suite. On fait ça avec une règle de maçon.



Ensuite on avance tranquillement en s'assurant d'une quinconce minimale de 20cm entre les interruptions de lames. On laisse un jeu d'environ 5mm avec tous les murs. Les lames sont emboîtées en tapant avec un maillet en caoutchouc.





Les lames sont vissées aux lambourdes avec des vis à parquet standard comme le montre magnifiquement l'image ci-dessous glanée sur le site maison.com.


La dernière lame a demandé de ruser un peu. L'espace avec le mur ne permettant pas de placer la dernière lame, nous avons pré-assemblé les deux dernières lames pour poser le bloc complet.



Pour que les dernières lames soient bien plaquées contre le reste, nous avons coupé des petites cales biseautées rentrées au marteau dans l'espace avec le mur. Le morceau qui dépasse a été coupé au ciseau à bois.


 Et voila un beau parquet posé ! Pour les plinthes et le reste, allez voir l'article sur les finitions.

mardi 19 janvier 2016

La plomberie

Pour la plomberie nous avons fait le même choix que pour l’électricité. Nous avons fait faire une pieuvre.
Cela a une plus-value moindre que pour l’électricité mais ça économise beaucoup de temps de réflexion et d'achat. Toutes les pièces sont fournies et pré-montées. Les longueurs de PER pré-découpées. Après c'est du Lego. Pour cela, nous sommes passés par la même société que pour l'électricité dont nous sommes très contents, Qualiconstruction.

Le réseau est en PER. Tout part de nourrices installées dans le garage. Les tuyaux passent dans les combles et descendent dans les cloisons. Chaque point d'eau a son départ de nourrice et sa vanne dédiée. Le réseau est protégé par un réducteur de pression et un manomètre pour s'assurer que la pression reste entre 3 et 4 bars. Le réducteur se règle en tournant la vis du dessus. Nous avons mis notre réseau à 3,5 bars.
La nourrice d'eau froide a une arrivée de chaque coté. A terme, nous relierons la cuve sur le réseau. Nous pourrons utiliser au choix l'eau de pluie ou de la ville pour les toilettes (si elles ne sont plus sèches), le lave linge et l'extérieur.
Pour l'eau chaude, nous avons choisi un chauffe-eau thermodynamique qui utilise l'air tempéré du garage.
Le branchement du chauffe-eau via un groupe de sécurité relié à une évacuation. Ce groupe permet de protéger le chauffe-eau en s'ouvrant si la pression augmente trop. L'air froid est renvoyé dehors par le toit. Il faut aussi prévoir une évacuation pour les condensats.



Les points de départ et d'arrivée du PER dans la maison se font avec des raccords à compression. C'est très pratique et super fiable en terme d’étanchéité. Il faut d'abord faire l'acquisition d'un petit kit pas cher, environ 40€, ça a fait l'affaire. Il n'est pas indispensable, on peut le faire à mains nues, mais ça demande pas mal de force.



On glisse l’écrou puis l'anneau intérieur.


 On écarte le PER pour y glisser la douille.



On rapproche l'anneau, on met un joint, on visse et on serre. C'est fini :-)




Les différents raccords (les T, réductions...) sont souvent une source de galère et de stress à cause de ce satané téflon qui fuit tout le temps. Les plombiers de métier se gausseront mais les amateurs comme nous comprendront. Il est presque impossible de faire un raccord téflon étanche du premier coup.
Un plombier de passage m'a ouvert les yeux sur la solution miracle, la résine d'étanchéité.
C'est beaucoup plus cher que le téflon (environ 14€ le petit tube) mais un tube a suffi pour tous les raccords de la maison.
Il y a juste a mettre de la résine sur le filetage mâle, visser (sur au moins 4 tours mais pas besoin de serrer) et attendre 1 heure avant de mettre en eau. C'est fini! Nous n'avons plus eu une seule fuite à la mise en eau.





La résine ne durcit pas à l'air, on peut donc passer un petit coup de chiffon pour enlever le surplus. Le résultat est nickel. Il y a quand même un petit inconvénient, le démontage éventuel des raccords est difficile. C'est un genre de soudure à froid. Mais ça nous a bien réconcilié avec la plomberie quand même :-).