mardi 21 octobre 2014

On ne touche plus terre

Pas de nouvelles sur le blog pendant plus d'un mois, mais on a une excuse, les derniers week-end ont été bien remplis ! Nous avons mis en place le hérisson et coulé la dalle de chaux.

Nous avons fait le choix d'isoler sous la dalle pour bénéficier de l'inertie de la dalle et compenser en partie la faible inertie thermique des murs en paille. Ce choix technique de sol à forte inertie a été orienté par l'ouvrage "L’Isolation thermique  écologique", de J-P Oliva et Samuel Courgey, éd. terre vivante.



Le schéma ci-dessus montre la mise en application chez nous:
- Hérisson de Technopor de 35cm en moyenne, compacté et enrobé de géotextile. Ce hérisson assure aussi l'isolation du sol.
- Dalle de chaux hydraulique de 14cm en moyenne dosée à 350kg/m3. La dalle de chaux assure une régulation hygrométrique naturelle et évite les problèmes d'humidité classiques des dalles de ciment... bien qu'on ait également prévu un film pour stopper les remontées capillaires dans les murs en paille.
- Revêtement final, chape de chaux et terre cuite pour "capter" les calories. Dans les chambres ce sera lambourdes et parquet (image ci-dessous) pour le confort des pieds :-)


Préparations du hérisson

La première étape consiste à préparer les évacuations qui seront prises dans la dalle. Dans notre cas, toilette et SdB en d100, garage et cuisine en d50, arrivée d'air du poêle en d160 et un siphon de sol dans le garage en cas d'explosion du chauffe-eau (petit clin d’œil à Raymond ;-) ).



Les autres réseaux passent dans des gaines annelées qui étaient déjà en place.



 En plus de cela nous avons mis un joint de dilatation entre le mur de soubassement et la future dalle. Ce joint est en liège de 2cm d’épaisseur et est aussi large que la dalle. Il sert à amortir les mouvements de dilatation de la dalle et éviter que le poids de la dalle ne porte sur les soubassements.




Mise en place du Technopor

En ce qui concerne le Technopor, le première difficulté a été de le trouver... Assez peu de fournisseurs sont présents en France, le produit étant surtout utilisé en Allemagne. Nous avons trouvé un fournisseur pas trop loin, Matériaux naturels du Gers. On leur fait une petite pub car les gars connaissent bien le sujet de la construction écologique, n'ont pas rechigné à passer 1h au tel pour répondre à nos 1000 questions, ont été pro et sont très sympas.
Bref tout ça pour dire que nous avons été livrés de 26 big-bags de Technopor de 1,5m3, soit 39m3 à étaler dans la maison...




La première étape est d'appliquer le géotextile au sol avec un peu de marge sur les bords pour le retour et un recouvrement d'au moins 10cm entre les lés.


Et c'est à partir de là que les festivités commencent. Les big-bags sont relativement légers (environ 250kg) alors on a d'abord essayé de les faire glisser à l'intérieur en mode bourrin, après un sac on était dépités, il fallait trouver autre chose. 

Comme d'habitude, c'est Natalia qui a eu une bonne idée (ce qui est très énervant) et a suggéré l'utilisation d'une bâche pour transvaser petit à petit.



Petite vidéo de la technique à son apogée, pour le dernier sac:





Grâce à une belle équipe de choc on a réussi à tout rentrer en une journée ! Merci beaucoup à Seb, Guillaume et PH pour avoir tout donné sur cette journée.


Pour finir le hérisson, il faut le compacter avec une plaque vibrante (modèle 80kg loué chez LOXAM) pour aligner le Technopor avec le bas du joint de dilatation. Il faut faire une passe tous les 20 cm au moins. Nous avons fait une passe à mi hauteur chez nous (17/18cm) et une passe à la fin.
Les plus aventureux se sont essayés au maniement de la bête. Merci beaucoup à Ana d’être venue nous aider le lendemain pour tout finaliser.


On finit enfin par remettre une couche de géotextile pour enrober tout ça. Ça change déjà l'intérieur.




Préparation de la dalle

La préparation consiste à placer des règles de niveaux qui serviront de guides. La dalle de chaux étant corrosive, il faut éviter de mettre du métal dedans. Nous n'avons donc mis ni ferraillage (inutile à priori pour les dalles de chaux), ni guide en métal. Nous avons opté pour des règles de dilatation en PVC de 80mm de hauteur. Nous avons mis les règles à niveau au laser avec des plots de mortier de chaux environ tous les mètres.



La technique, d'abord faire les plots trop haut, et appuyer sur le guide pour l'enfoncer dans le plot jusqu'à être au niveau.
Bon il s’avère que les plots de mortier sont assez fragiles, il aurait sans doute fallu les faire en béton, et aussi prévoir un fer ou quelque chose planté dans le sol pour éviter que les plots ne s'arrachent. Lors du coulage un certain nombre de plots ont cassé.

Coulage de la dalle

La plupart des gens font leur dalle de chaux à la bétonnière car les centrales béton ne font que les dalles de ciment, or nous avons trouvé une exception ! Béton Contrôle à Villefranche-Lauragais, avec qui nous avions fait les fondations, le fait ! Certes c'est plus cher que le béton de ciment car ils doivent vider les sacs de chaux à la main dans les toupies, mais ça revient tout de même moins cher que ce qu'on avait estimé en le faisant à la main (le béton est une des rares exceptions où le faire faire est vite rentable).
Le coulage est le moment le plus stressant, la pompe arrive à l'aube, nous attendons avec PH et Casi (que je remercie vraiment d’être venus aux aurores pour l'occasion), elle déplie son grand bras maigre et rentre par la porte fenêtre.



La toupie arrive, benne dans la pompe et c'est parti ! Jean est aux commandes et déverse le béton zones par zones. On étale à la pelle et au râteau.


Une fois le béton à peu prêt étalé au niveau des guides, on met en place la règle vibrante (louée aussi chez LOXAM) et on tire en prenant appui sur les guides. On fait le tour des zones compliquées (évacuations et réseaux) au platoir. Pour le garage, on tire à la main avec une règle en alu car le règle vibrante ne rentre pas.







17m3 plus tard, on savoure la fin de notre travail. Mais il faut croire que ça s’était trop bien passé, le chat, que l'on a laissé sortir par mégarde, s'est jeté dans le béton et a fait une traversée, j’étais fou ! Au final ce n'est rien, on a lavé le chat, et dès le lendemain on a pu marcher sur la dalle qui était encore un peu tendre et rattraper tous les défauts et bourrelets au platoir.




Nous avons arrosé la dalle tous les jours, malgré cela elle a un peu fissuré là où le soleil tape le plus. Ce ne sont que des fissures de surface, très difficile à éviter si on en croit les discours de pro, qui n'ont pas d'impact sur la solidité globale.
 
Petite note de sécurité :
Nous avons aussi eu un souci avec une éclaboussure de béton, personne ne portait de lunettes au début, PH a pris une goutte de laitance de chaux dans l’œil. Il a vite rincé, indolore sur le moment, l’œil a commencé à rougir et à être douloureux dans l'après-midi. Il a dû aller aux urgences le soir et s'est fait une belle frayeur. Au final il a eu un traitement et a guéri en quelques jours. Mais la morale de cette histoire, c'est que nous ne pensions pas avoir de soucis avec le béton au niveau des pieds alors que même dans ce cas, il faut mettre les lunettes !

Prochaine étape... encore du mortier GREB...

mardi 16 septembre 2014

Mission paille accomplie

Débarrasser le sol des nombreuses bottes de paille résiduelles et à l'occasion terminer le remplissage des murs, c'est l'objectif d'une petite semaine de vacances sous le soleil épuisant de septembre (celui qu'on a peu vu en août). Eh oui, on avait gardé les difficultés pour la fin, il s'agissait de remplir le 6ème et dernier rang complet de bottes de paille ainsi que les pignons.
Pour nous simplifier le travail et limiter les efforts pour faire entrer les bottes de paille à l'intérieur de l'ossature entre des poteaux pas toujours très espacés, on n'a pas hésité à reformer des bottes en enlevant deux ou trois galettes ... qui ont ensuite été utilisées, à plat, pour terminer le remplissage des murs jusqu'à la lisse haute.


Quand on trouvait un bon espace entre deux poteaux de l'ossature, on l'exploitait à fond et on poussait les bottes jusqu'à leur emplacement final avec la force miraculeuse de nos jambes... et, pour certain(e)s, de nos cris ;-) même si quelques fois, la botte rebelle sortait du droit chemin et demandait à être persuadée quelque peu.


Avant de glisser les bottes de paille dans les linteaux (à la force de nos jambes, si vous avez suivi), nous y avons coulé une couche de mortier. Au dessus des bottes du dernier rang et pour compléter le remplissage de paille, nous avons ajouté des galettes à plat.


Le remplissage des pignons est encore une autre histoire : pour le premier rang, il y a les entretoises à passer et des bottes raccourcies entre chaque colonne. Bref, beaucoup de découpes de bottes.

Voici le pignon avant, très ouvert pour bien permettre aux oiseaux de circuler et de venir déposer quelques souvenirs sur nos jolies fermes :


Une fois les bottes en place, bon, il reste encore des trous :  


Mais après le passage de PH et le bourrage de paille intensif, on ne voit plus la lumière à travers les murs ! On ne vous montrera pas l'envers du décor, à force de bourrer d'un côté, évidemment, parfois hein, ça dégueule de l'autre ...


Bien, maintenant c'est l'heure des comptes et à vrai dire celui qui nous concerne n'est pas très juste. Il nous reste une bonne centaine de bottes (dont les 3/4 gracieusement ajoutés à notre commande initiale pour débarrasser le hangar de stockage). Quitte à stocker des bottes, autant essayer de rendre le stockage utile (peut-être), on a donc (dé)placé les bottes restantes autour du mobil-home posées sur des chevrons.





Notre habitant poilu préféré a résisté quelques heures en défendant vaillamment sa botte de paille mais les sacs poubelles ont gagné la partie (d'ailleurs, si vous voulez de la paille en vrac, n'hésitez pas à nous faire part de votre requête).


Où il est encore question de mortier

Quitte à radoter et à causer encore de notre petite galère avec le mortier, voici notre toute dernière technique qui jusque là nous a donné de jolies preuves : on enlève les bouchons de paille éventuels, on coffre, on coule et on tape au maillet en caoutchouc (500g c'est bien). On ne tasse plus et nos coffrages sont plutôt beaux et homogènes. 


Pour terminer nos vacances en beauté (traduire : sur les rotules), nous avons terminé le coulage du mortier jusqu'aux linteaux sur tout le pourtour de la maison. Pas peu fiers. 


D'autres petites choses en aussi été mises en œuvre et en place (pose de la cuve d'eau de pluie, puis canadien hydraulique et adduction d'eau) mais elles feront l'objet d'autres articles.


On ne remerciera jamais assez toutes les bonnes volontés passées nous donner de gros ou petits coups de main (et parfois aussi quelques coups de pieds aux fesses) : Sixtine, Maxime, Manon, Seb, PH, Amandine et Aurélien.