mercredi 15 juillet 2015

L'isolation de la toiture

Nous n'avons pas donné de nouvelles pendant plus d'un mois, nous en sommes navrés. On a pris 10 jours de vacances mais on n'a pas chômé pour autant. Nous avons posé l'isolant de la toiture, sous rampants.
Nous avons utilisé le même matériau que pour les cloisons, des panneaux de fibre de bois semi-rigides (SteicoFlex F 80mm et 200mm d'épaisseur).
Nous voulions initialement mettre la fibre de bois par insufflation, mais la préparation des caissons étanches nous a semblé trop fastidieuse. La pose des panneaux n'en reste pas moins pénible malgré tout.

La première étape a été la découpe des lés de 80mm pour les glisser entre les chevrons. Nous avons surcoté de 1cm la largeur des panneaux par rapport à l’écart entre chevrons. La découpe s'est faite à la meuleuse.



Ensuite on enfile les lés en force entre les chevrons.


Une fois posé, c'est de toute beauté. Mais c’était sans compter sur la canicule et rétractation du bois, on était contents, en rentrant du travail, de trouver les lés en train de pendouiller ou carrément par terre.  On n'a pas cherché de solution au problème, la deuxième couche d'isolant venant fixer tout ça.



La deuxième étape est la pose des panneaux de 200mm entre pannes, perpendiculairement aux panneaux de 80mm. Les panneaux de 200mm sont tenus par des liteaux régulièrement vissés sur les pannes avec des vis 5*70mm en biais.
Le travail commence par la manutention des sacs dans la maison, la mesure des écarts entre pannes et la mise en place des vis.





La méthode la plus simple a été de fixer un liteau sur un coté, glisser les panneaux et fixer le deuxième liteau pour tenir tout ça. Au passage, on peut noter la fabrication d'une perche inclinée très pratique pour soutenir les panneaux d'en bas.


 On termine en remplissant les espaces restants avec des découpes (dans le 200mm, on a découpé à la meuleuse en surface et au couteau à pain à cœur) et des chutes.





L'isolant va être recouvert d'un film frein-vapeur pour garantir l’étanchéité à l'air. Ce sera la prochaine étape.

Nous remercions chaleureusement Sixtine, Maxime, Céline, Emma et Michel qui sont venus pendant cette période. Ils se sont vaillamment roulés dans des combles surchauffés, étouffés et aveuglés à la poussière de bois, tout ça dans la bonne humeur, un immense merci à eux.

jeudi 4 juin 2015

Les cloisons en fibre de bois et canisses

Comme on l'a dit dans le dernier article sur les cloisons en terre-paille allégée, nous avons choisi de passer sur une technique différente car le terre-paille prend vraiment trop de temps. On a donc décidé de faire ça en panneaux de fibre de bois (SteicoFlex F 80mm, fabriqué en France s'il vous plait :-)) recouverts de canisses. En passant, nous avons acheté l'isolant sur le site de l'entreprise Mon Isolation Écologique, basée proche de Toulouse. Bons tarifs et livraison rapide, rien à redire. Pour les canisses, nous sommes allés dans une grande enseigne de bricolage bien connue :-)

La première étape a été de démonter les poteaux déjà en place (pour le terre-paille), les déligner en 80mm (épaisseur des panneaux) puis de les remettre en place avec pour entraxe la largeur des panneaux - 1cm (56cm d'entraxe pour des panneau de largeur 57cm). Merci à Seb et Manon d’être venus filer le coup de main pour tout le démontage, qui du coup a pris 2 heures :-)






Partout nous avons fait en sorte d'avoir une surface pour agrafer les futures canisses. On a parfois utilisé des liteaux vissés sur les poteaux existants. Les supports de prises dépassent d'environ 1cm, il viendront s'aligner avec l'épaisseur de canisse.


Ensuite on se contente de faire rentrer les panneaux dans l'ossature. Quand il y des coupes à faire, il y a deux méthodes. On peut couper les panneaux en diagonale ou couper droit. Ça va dépendre de la quantité de chute que ça représente et de la possibilité de récupérer les chutes. Pour les gaines (électriques et d'eau), on les fait passer le long des poteaux et on fait des entailles sur la tranche des panneaux pour faciliter la pose. 


Pour info, toutes les coupes d'isolant ont été faites à la meuleuse avec un disque diamanté. Après plusieurs essais (scie égoïne et cutter), c'est ce qui va le mieux. Il faut qu'on essaye le couteau à pain aussi :-)

Ensuite vient la pose des canisses. Elles sont agrafées sur les poteaux, environ tous les 10cm, soit avec le fil de fer de la canisse quand il tombe sur le poteau, soit avec un fil de fer que l'on ajoute. C'est la partie qui fait mal au poignet. Merci beaucoup à Lucie d’être venue vaillamment se casser le poignet à ma place :-) Du coup on a emprunté une agrafeuse électrique, un vrai bonheur, pour tout finir en deux week-ends.



Quand il faut ajuster la largeur des bandes, on fait un rouleau qu'on coupe à la scie radiale.
Par endroit, quand les canisses ne se recouvrent pas au dessus d'un poteau, on a ajouté des baguettes (restes de délignage) pour renforcer le recouvrement. Elles resteront apparentes et briseront un peu la continuité de certains murs.


La dernière cloison en terre-paille allégée est aussi terminée.




Et voilà, toutes les cloisons sont prêtes, il n'y a plus qu'à enduire tout ça avec de beaux enduits terre ! En attendant, la prochaine étape sera l'isolation du toit.


dimanche 31 mai 2015

La porte du garage

Pour fermer le garage, nous avons eu envie de fabriquer la porte nous même. Nous ne souhaitions pas y passer trop de temps en faisant de la menuiserie digne de ce nom. Nous avons réfléchi à une porte simple à construire mais dont l'esthétique nous plaise quand même.

La porte est à 2 vantaux de 120*200cm ce qui laisse une marge d'un peu moins d'1cm avec son cadre. La base est faite de lames universelles (type parquet) en pin (section 15*2cm). Nous avons assemblé tout ça par collage et avons laissé sécher avec des liteaux vissés pour maintenir l'ensemble.



Nous avons ensuite fait un cadre avec des écharpes de volets standards en pin. Les extrémités ont été chanfreinées. Les cadres intérieurs et extérieurs prennent en sandwich les lames. L'ensemble est collé et assemblé avec des boulons à penture (et quelques vis sous les futures pentures pour renforcer par endroit).
 

 
La face intérieure a une écharpe en diagonale qui "contre-vente" la porte. La face extérieure a une écharpe horizontale qui supporte la penture centrale. Nous avons aussi ajouté un petit couvre-joint sur la porte ouvrante.

Nous avons peint avec deux couches de peinture à la farine faite maison. Nous avons suivi la recette du "Petit guide illustré de la peinture à l'ocre pour le bois" du site Terre et Couleurs. Cette peinture est normalement prévue pour être appliquée sur du bois non raboté, mais elle tient quand même plutôt bien jusque là, malgré les averses, sur notre bois raboté et sur les têtes de boulon en métal. Peut-être qu'une peinture à l'huile de lin aurait été plus judicieuse.






 Nous avons au passage fait une petite chatière trop stylée :-)
 

Ensuite, nous avons mis en place les pentures (longueur 80cm) puis posé la porte sur ses gonds.




 
La porte fait quand même son poids, il faut vraiment être deux pour la poser. La pose des gonds est toujours un peu technique, on a pas trouvé de solution magique pour qu'ils soient tous parfaitement à la même hauteur que les pentures. L'ajustement s'est fait encore une fois avec des rondelles...

Nous avons posé un verrou 3 points pour fermer tout ça. La porte fait au final 6 cm d'épaisseur au niveau du cadre. Il faut prévoir un barillet de 30x70mm (100mm en tout) idéalement pour la traverser.




Au final, cette porte en bois blindée nous aura coûté environ 500€, serrure et chatière comprise :-)


mercredi 13 mai 2015

Une cloison en terre-paille allegée


L'idée de cloisons en terre-paille nous est venue du n° de La Maison écologique de janvier-février 2012. Comme il nous restait pas mal de bottes de paille et que la terre il y en a dans le jardin, ça semblait être une bonne solution. On a seulement choisi de mettre moins de terre et d'avoir au final un mélange terre-paille allégé comme sur ce blog dont on s'est beaucoup inspiré. 

Le mélange allégé présente l'intérêt :
  • d'être solide (on n'a pas d'élément de comparaison puisqu'on a pas expérimenté le terre-paille tout court mais la cloison réalisée en terre-paille allégée est plutôt résistante)
  • de sécher rapidement (on a pas vu l'apparition de champignons ou de plantes vertes sur notre cloison)
  • d'être légère (peut être nécessaire pour un étage)
  • d'être un bon isolant acoustique (enfin c'est ce qu'on a lu)

La réalisation de l'ossature a été décrite dans cet article. Les montants font 4*10cm et ont un écart max de 55cm. Pour préparer cette ossature à recevoir le mélange terre-paille, on a ajouté, sur chaque face des montants, au milieu, un liteau cloué sur chant. La paille sera tassée autour de ce liteau qui a donc un rôle très important dans le maintien de la paille entre deux montants.

On a également ajouté, en suivant le même principe que pour le reste de la maison, des bandes d'OSB vissées à l'ossature pour accueillir les boîtiers électriques et on a tiré les gaines qui vont bien.



Et c'est parti pour notre premier essai. 

La barbotine de terre est un mélange terre-eau plutôt liquide. On a mis de la terre dans une poubelle avec de l'eau par dessus et on a laissé tremper toute la nuit. Le lendemain, on malaxe (avec une visseuse et une tige mélangeuse, en papotant) et on ajoute de l'eau ou non selon la consistance qui ressemble pas mal à une pâte à crêpe. En fait, plus la barbotine est liquide, plus le mélange barbotine/paille est aisé. 

Le mélange terre-paille s'est fait dans une brouette, on défait une galette de paille (qui remplit la brouette) et on ajoute 1,5 à 2 doses de barbotine - notre doseur est ici un bocal en verre de 50cl. On mélange avec les mains la paille et la barbotine pour que tous les brins de paille soient au moins légèrement imprégnés de barbotine (genre vinaigrette). C'est prêt.


Le morceau de cloison a réaliser est banché : on visse deux plaques d'OSB aux montants et on tasse la paille. Chez nous, la paille est tassée le plus horizontalement possible (pas tout à fait dans les premiers coffrages). On choisit une poignée de brins de paille assez longs dont on retourne un bout, ce bout plus épais est mis "en force" entre le liteau et la banche et est fortement tassé. On répète cette opération pour les 4 angles du coffrage et on comble le centre, si besoin, avec une autre poignée de paille. On tasse quand même suffisamment au centre pour s'assurer qu'il y a assez de paille mais le plus important c'est de bien tasser autour des liteaux. 
Ce qui est bien avec ce type de cloison c'est qu'on peut décoffrer aussitôt que le coffrage est rempli.


La première conclusion après ce début de cloison c'est que certes, c'est étonnamment solide : quand on tape assez fort sur la cloison, au milieu de la paille, c'est l'ensemble de la cloison qui résonne. Mais que c'est aussi très long à réaliser ... 

Fin du 1er jour, 1 personne :


Fin du 2ème jour, 1 personne :


Fin du 4ème jour, 2 personnes : 
La fin de la cloison s'est faite en montant la banche d'un côté jusqu'en haut de la cloison et en montant progressivement la banche de l'autre côté pour tasser au fur et à mesure jusqu'à 1 cm du haut de la cloison. Au final, le haut des cloisons est assez propre.

 

Merci beaucoup à Olivier pour l'énorme énergie qu'il a donnée pour terminer cette première cloison. 

En synthèse, on estime le temps de réalisation de 9m² de cloison terre-paille allégée à 2 jours 1/2 à 2 personnes. Ça n'est pas difficile, c'est juste long ... Du coup, on a décidé de réaliser 2 autres cloisons (environ 15m² au total) en terre-paille allégée. Les autres cloisons (environ 50m²) seront réalisées avec des panneaux de laine de bois semi-rigides. On vous en parlera plus tard.